Parti Socialiste - Section d'Evreux
Parti Socialiste - Section d'Evreux

Communiqué de Timour Veyri : « CULTURE, ECOLE, CITOYENNETE : Les nouvelles cibles de la droite Bruno Le Maire »

0 commentaire Le par

Communiqué de Timour Veyri,

Secrétaire de la section d’Évreux du parti socialiste, animateur du groupe d’opposition La Gauche Rassemblée

CULTURE, ÉCOLE, CITOYENNETÉ : LES  NOUVELLES CIBLES DE LA DROITE BRUNO LE MAIRE 

« La Nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction et à la culture » (Constitution de la IVème République, 1946)

« Rendre accessible les œuvres capitales de l’humanité au plus grand nombre de Français » (André Malraux)

« Permettre à tous les Français de cultiver leur capacité d’inventer et de créer » (François Mitterrand, 1981)

 

L’actualité fournit souvent, par un jeu de miroir, l’occasion de réflexions sur la vie politique locale. C’est le cas aujourd’hui alors qu’entreront ce mercredi au Panthéon Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette,Germaine Tillion ainsi que celui qui fut l’un des plus grands ministres de la Gauche, Jean Zay. Qui fut Jean Zay ? Le plus jeune ministre du Front populaire, haï par la droite, avocat, journaliste, écrivain, nommé ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts à seulement 31 ans. Il fut l’homme qui fit entrer la culture dans toutes les maisons, le sport à l’école et l’Education nationale dans le 20ème siècle. 71 ans après son assassinat par la milice le 20 juin 1944, le nom de Jean Zay rappelle aujourd’hui à tous les républicains que nos valeurs de Liberté, d’Egalité et de Fraternité s’incarnent aussi bien dans les préaux de nos écoles, sur les planches de nos théâtres, dans les rayons de nos bibliothèques, que sur les scènes de nos musiques actuelles, les fauteuils de nos cinémathèques et les étales de nos médiathèques.

 

Avec l’entrée de Jean Zay au Panthéon aujourd’hui, ce n’est pas seulement le Front Populaire qui retrouve notre Parthénon national, c’est la République sociale toute entière, qui est célébrée, telle qu’elle fit encore consensus jusqu’il y a peu, à travers cette idée force : l’idéal républicain doit s’incarner par des mesures qui rendent la République concrète. C’est ce que fît le Front populaire avec les premiers congés payés, l’accès à la culture pour tous,  la découverte du sport pour chacun. C’est la même conviction, encouragée par la vigueur historique du socialisme municipal, qui avait conduit des municipalités de Gauche, dont la précédente à Evreux, à rendre gratuit l’accès aux musées de leur ville. C’est une décision que pour les Ebroïciens nous avions prise.

Pour oublier cette conception, la municipalité UMP de la ville d’Evreux commet une faute. L’arrivée de Bruno Le Maire, à l’opposé de toutes les images médiatiquement construites, a incarné, dans notre ville, la rupture avec la politique culturelle de tradition républicaine et gaullienne qui était celle de la droite ébroïcienne.  C’est cette rupture que nous dénonçons. Désormais, la culture et l’école sont les cibles privilégiées de la municipalité de Guy Lefrand. Sur le fond, la municipalité UMP met en effet en danger de mort l’ensemble des associations culturelles en baissant aussi drastiquement les subventions. La forme a également son importance. C’est celle d’un lâchage. Jeudi dernier, Bruno Le Maire a préféré « annuler » les lycéens d’Evreux qui l’attendaient, pour parler sur les plateaux télé où il était invité. C’est la règle pour le député de l’Eure : le temps de parole plutôt que le temps de la parole ! Mieux vaut briller à Paris et sur l’écran plutôt que d’honorer un engagement auprès des élèves du Lycée Briand à Evreux.

La même semaine, on apprend, coup sur coup, et la désertion du maire d’Evreux lors de la conférence du Festival Rock – une première pour un maire depuis au moins dix ans, d’autant qu’il ne s’est pas fait non plus représenter, ce n’est donc plus un hasard, par son adjoint à la culture ! –, et l’abandon de l’Abordage par le Conseil départemental UMP. Celui-ci a décidé, en catimini, de ne plus participer aux stands et animations du Festival. Ce ne sont plus des erreurs. C’est un programme électoral qui se met en place. Circulez. Il n’y a plus rien à voir.

La droite dit ne pas savoir faire autrement. Mais qu’elle laisse donc la Gauche faire ou, en attendant, qu’elle la copie ! Un exemple, une exemplarité ? La Région Haute-Normandie, elle, qui a augmenté son « budget culture » de 17% en fonctionnement (2014/2015) et reste la Région la mieux gérée de France.

Un exemple supplémentaire dans notre ville ? Un bref Conseil municipal s’est tenu lundi 11 mai pour valider en urgence un avenant au marché de maîtrise d’œuvre de la réhabilitation du théâtre. Cette séance fut l’occasion d’un débat au cours duquel la droite elle-même ne semblait plus très certaine de ce qu’elle faisait. A inventer des « usines à gaz », comme l’Etablissement Public de Coopération Culturelle (EPCC) fourre-tout. Prétextant réduire les coûts de gestion de lieux de culture comme la Scène nationale ou la future Smac, elle en arrive à les vider de toute substance créatrice. L’opposition a évoqué le risque que courrait dans ce contexte la Smac de n’être pas labellisée par le Ministère de la culture – ce qui n’en ferait du coup qu’une salle de spectacles de plus à Évreux. La défense de l’adjoint à la culture coûte cher à la Ville. Je le cite : “après tout, le label SMAC, ce ne sont guère que 35 000 € de subventions…” Celles et ceux qui travaillent depuis des années sur le projet apprécieront. Mais aussi les Ebroiciens, qui devront rembourser à nos partenaires un montant en millions si nous devions perdre par la faute de la droite ce Label.

Les indices sont nombreux. Le faisceau est nourri. Il est désormais clair que la majorité municipale préfère les divertissements commerciaux aux soutiens plus exigeants que requièrent les associations qui font la vie culturelle d’Évreux et que nous considérons comme des lieux de rencontre et d’échanges irremplaçables. A l’heure où la République célèbre l’esprit de Résistance, nous ne pouvons donc que repenser à cette réponse de Churchill face aux députés qui voulait couper dans le budget des arts pour financer l’effort de guerre : « Mais alors pourquoi nous battons-nous ?« 

Soyez le premier à commenter cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Sur le même thème, lire aussi :

Pablo Neruda : la Gauche demande immédiatement un nouveau collège à La Madeleine ! Le 11 décembre, le département dirigé par les Républicains et En Marche décidera de la fermeture du collège Pablo
Le par
Monsieur le Maire, L’égalité Femme/Homme est au cœur des valeurs républicaines. Le mois dernier, celle-ci a d'ailleurs été décrétée grande cause du mandat du président de la République, après un
Le par

Les derniers contenus multimédias